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Voyage au cœur des contes et légendes de Bretagne au Musée départemental breton

Jeudi 12 février, les élèves de 506 ont tantôt rêvé, tantôt frissonné en écoutant les récits folkloriques bretons contés par Alina Tasoeva, médiatrice culturelle au musée.

Avant de commencer le voyage, il convenait de distinguer les contes des légendes. Les contes sont des récits purement imaginaires. Les légendes sont elles aussi teintées de merveilleux mais ancrées dans un lieu, une époque, mettant en scène un personnage réel. Ces histoires étaient racontées par les “maîtres de parole” : des Anciens, forts de leur expérience, ou des tailleurs itinérants, qui rapportaient les histoires entendues lors de leurs voyages.

Devant le vieux puits qui alimentait autrefois en eau l’ancien Palais des évêques de Cornouaille, les élèves, médusés, ont appris qu’on racontait jadis qu’une voix mystérieuse attirait les enfants au fond du puits. On leur défendait donc de se pencher au-dessus de la margelle.

Nous avons ensuite rejoint la salle du mobilier. Devant un lit-clos et un berceau, Alina a évoqué les trois parties symboliques du lit-clos : l’Enfer, la vie terrestre et le Paradis. Quant au berceau, les Bretons ne le laissaient jamais directement sur la terre battue. Ils le surélevaient de peur que de petits êtres facétieux les dérobent à leur vue. Dans les contes recueillis au XIXe siècle par Emile Souvestre, les korrigans ne vivent pas seulement dans les landes ou près des fontaines, ils fréquentent aussi les maisons et sont liés aux activités domestiques. Sur les plats en céramique, les élèves ont déniché des korrigans, joueurs de biniou.

Dans la salle des costumes traditionnels, plus particulièrement devant une femme portant une cape de deuil, nous nous sommes assis en tailleur. Alina nous a lu un extrait de La Légende de la mort (1893) d’Anatole Le Bras évoquant une autre figure bretonne, un passeur d’âmes, serviteur de la mort. L’Ankou, ce grand escogriffe, apparaît aussi dans les années 1960 dans les estampes de Jean Urvois, notamment L’Ankou fleuri et Le Guetteur n’est jamais seul. Les élèves avaient déjà rencontré cette figure effrayante dans le roman d’Erik Lhomme, Le Grand voyage, l’un des trois ouvrages sélectionnés par le jury du Prix littéraire des collégiens.

Pour terminer ce voyage, face à une illustration de la princesse Dahut, Alina nous a raconté la légende de la ville d’Ys, une cité splendide bâtie sous le niveau de la mer, tout près de Douarnenez, par le roi Gradlon pour sa fille Dahut. Séduite par le diable, Dahut vola la clé des digues qui protégeaient la ville. Les flots engloutirent Ys, qui disparut sous l’océan.

Céline Balannec, professeure de Lettres Modernes

19 mars 2026